À découvrir jusqu’au 13 juin 2025 à La Galerie LaBaraque, Le Journal d’Adonon d’Achille Adonon s’impose comme l’une des expositions les plus saisissantes de cette édition de Abidjan Art Week.
Avec son approche radicalement personnelle, l’artiste béninois nous entraîne dans une traversée des paysages décomposés de nos sociétés modernes, entre rémanence du désastre et éclats de résistance.

Le Journal d’Adonon de Achille Adonon
Achille Adonon : sculpteur des âmes et des débris
Né en 1987 au Bénin, Achille Adonon vit et travaille à Cotonou.
Sculptural dans sa propre silhouette — souvent comparée à L’Homme qui marche de Giacometti —, il incarne un art profondément enraciné dans l’expérience du corps, du temps et de la matière.
Autodidacte au départ, enrichi par des échanges avec des maîtres aînés, par des lectures philosophiques et par des résidences artistiques, Achille a développé un langage plastique unique.
Sa pratique mêle sculpture, installation, dessin, performance et photographie dans une démarche où la récupération d’objets, notamment de chaussures usées, devient geste de mémoire et acte politique.
Le Journal d’Adonon : des fragments comme témoignages
Depuis 2021, Achille Adonon poursuit un travail photographique qu’il appelle « documents photographiques » :
- Captation d’environnements hétérogènes,
- Collecte d’objets rejetés par les sociétés modernes,
- Observation attentive de la décomposition naturelle et humaine.
Dans Le Journal d’Adonon, ces documents deviennent pages ouvertes sur le désastre contemporain : pollution, effritement des liens, fragilité des territoires.
Mais au-delà du constat, Adonon cherche aussi la beauté tremblante qui émerge dans les ruines, la force fragile qui anime encore les résidus du vivant.
Matières pauvres, puissance poétique
Achille Adonon travaille avec des rebuts, des déchets, des objets abîmés par le temps qu’il érige en vestiges de nos existences égarées.
Chaque œuvre devient un fragment d’histoire, un écho du passage de vies anonymes.
Dans ses installations, la matière recyclée devient passeur de mémoire, miroir d’une humanité en perpétuel déséquilibre avec son environnement.
Avec une approche proche de l’anthropologie et de la philosophie, Adonon interroge l’ambivalence de notre rapport à la nature : destructeurs et témoins, acteurs et victimes.



Un artiste salué
Lauréat du Prix du Meilleur Sculpteur à la Biennale de Dakar 2022, Achille Adonon affirme une position singulière dans l’art contemporain africain : celle d’un créateur qui refuse le spectaculaire, pour mieux révéler l’épaisseur du silence, du manque, de l’effritement.
Avec Le Journal d’Adonon, il signe une œuvre intimiste et universelle, un appel à voir autrement ce que nous jetons, détruisons ou oublions.
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