Dans un élan de diplomatie culturelle et de fraternité africaine, l’artiste ivoirien Massa Chula – de son vrai nom Ibrahim Touré – a offert deux statues symboliques à la Maison des Esclaves de Gorée. Intitulées « Negro Calciné » et « Kunta Kinté », ces œuvres rendent hommage aux victimes de la traite négrière et scellent une nouvelle page de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

À la Maison des Esclaves de Gorée, l’art devient passerelle entre mémoire et fraternité africaine
Gorée, Sénégal – Mars 2025. Dans un geste empreint de symbolisme et de fraternité, l’artiste ivoirien Ibrahim Touré, dit Massa Chula, a procédé à la remise officielle de deux statues monumentales à la Maison des Esclaves de Gorée. Intitulées « Negro Calciné » et « Kunta Kinté » ces œuvres sont désormais installées dans la cour du site mémoriel le plus emblématique du continent africain. A travers ces oeuvres, c’est un vibrant hommage aux souffrances endurées par les peuples noirs durant la traite négrière qui a été fait en vue de raviver la conscience collective panafricaine.
Un hommage sculpté au nom de la mémoire collective
En présence du Monsieur Bakary Sarr, Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries Créatives et au Patrimoine Historique du Sénégal, des représentants des ministères de la Culture et du corps diplomatique, des responsables de la Maison des Esclaves et d’acteurs culturels des deux pays, la cérémonie de remise des œuvres a été marquée par des discours autour de la mémoire, de la résilience et de la transmission.
L’artiste Massa Chula, engagé depuis plusieurs années dans une démarche artistique de réparation mémorielle, a souligné que ces statues représentent « un appel à l’éveil des consciences, à la solidarité entre peuples africains et à la reconnaissance du passé comme pilier de l’avenir ».
Des œuvres entre douleur et dignité
Les scultpures, puissamment expressives, capturent à la fois la douleur des victimes de l’esclavage et l’espérance d’un renouveau. Dans un style figuratif ancré dans la tradition africaine, Massa Chula donne chair à des silhouettes dressées, fières, symbolisant la résistance et l’identité retrouvée.
En effet, « Negro Calciné » représente la sombre réalité de la traite négrière, tandis que « Kunta Kinté » symbolise l’abolition de l’esclavage.
Selon Bakary Sarr, « en donnant forme et matière à la mémoire, l’artiste nous rappelle que l’art est une voie essentielle pour habiter le présent et éclairer l’avenir ». Cette donation s’inscrit également dans une dynamique de diplomatie culturelle saluée par les deux pays.
L’art, levier de coopération sud-sud
Vers une mémoire vivante et partagée
Cette initiative symbolique dépasse la seule sphère artistique. Elle reflète une volonté politique de rapprochement entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire, autour des valeurs communes de mémoire, de paix et de culture. Le projet a été mené avec le soutien de la famille Touré, de l’État ivoirien à travers l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Sénégal, et en partenariat avec la direction de la Maison des Esclaves.
Pour le directeur du site, Emmanuel Ndoye, ces statues « enrichissent la mission pédagogique et historique de la Maison, tout en apportant une dimension contemporaine et panafricaine à sa vocation ».
Grâce à cette donation symbolique, Massa Chula et le Président de la Fondation ivoirienne Tano-Kora, qui a accompagné l’artiste dans tout le processus, ont été nommés « Ambassadeurs de pélerin de Gorée » par le Maire de la commune.

Une nouvelle page pour Gorée et pour l’Afrique
En inscrivant ses œuvres dans l’espace public de Gorée, Massa Shula participe à la consolidation d’une mémoire vivante, faite non pas uniquement de deuil, mais de fierté, de transmission et de création. L’artiste prévoit d’étendre ce projet à d’autres lieux symboliques de l’Afrique et de la diaspora, afin de multiplier les actes d’unité mémorielle par l’art.
Par cet acte fort, Massa Shula fait de la sculpture un outil de réconciliation, de dialogue intergénérationnel et de projection vers un avenir commun. À travers cette donation, c’est toute une Afrique debout qui est représentée — une Afrique qui n’oublie pas, mais qui avance ensemble, forte de sa culture et de sa mémoire.
En savoir plus sur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
