Les têtes de Zapata de Williams Brown

Du 9 au 30 mai 2019, la Galerie Houkami Guyzagn a accueilli « Les têtes de Zapata » de Williams Brown. Cette exposition de céramique est la deuxième exposition personnelle de l’artiste.

Les têtes de Zapata de Williams Brown – mai 2019 – Galerie Houkami Guyzagn

Zapata, un mot, une exposition

La poterie au service du mythe

Après avoir exposé en 2016 à la Galerie Célestin Koffi, le céramiste Williams Brown présenta durant le mois de mai sa deuxième exposition personnelle. C’est la galerie Houkami Guyzagn qui a accueilli « Les têtes de Zapata ».

Les têtes de Zapata de Williams Brown – mai 2019 – Galerie Houkami Guyzagn

Williams Brown est un maître de la céramiste. Un art qui implique la maîtrise des 4 éléments que sont la terre, l’eau, l’air et le feu que l’artiste exploite pour traduire un certain sentiment de la condition humaine.

Dans cette exposition, il a conçu son travail sur autour du mot « Zapata ». Ce mot est le titre de l’extrait de l’album Destiny du chanteur John Yalley, précurseur du Zêzê Pop. C’est aussi le nom d’un quartier bien connu de la ville ivoirienne de Gagnoa.

Enfin, comme l’explique Mimi Errol, critique d’art et commissaire d’exposition. « Zapata » est « aussi le nom de ce jeune garçon, qui au décès de son père se trouve au centre d’intérêt des proches de son géniteur. Pendant les obsèques, il lui est promis protection et affection. Mais, grande est la surprise de Zapata, qui après l’enterrement de son géniteur se retrouve tout seul sous les bâches qui ont abrités les funérailles. Dans un désarroi total, face à son destin. Tout ce beau monde et toutes leurs belles promesses s’étaient évaporés, sans que le jeune orphelin ne s’en aperçoive.

Face à ces espérances non comblées, au lieu de se laisser emporter par le désarroi et le découragement. Le petit Zapata, face à ce sort de la vie, reste debout, s’arme de courage et se mit sans relâche à l’ouvrage. Tant et si bien qu’il finit par se réaliser par l’usage de ses dix doigts. Ainsi l’histoire de Zapata, malgré un handicap de départ eue une fin de conte de fée. »

Les têtes de Zapata de Williams Brown – mai 2019 – Galerie Houkami Guyzagn

La poterie comme hymne au travail

Les têtes de Zapata de Williams Brown – mai 2019 – Galerie Houkami Guyzagn

Ainsi en partant de cette histoire manifestant la lutte pour l’épanouissement. Le céramiste Williams Brown a représenté la valeur du travail à travers les 15 pièces qui composent l’exposition. Il s’agit de têtes anthropomorphiques qui sont une représentation de l’identité, des sentiments et des réflexions. Les doigts traduisent le travail manuel. On comprends que l’artiste nous invite à une compréhension du processus créatif qui nécessite à la fois un travail intellectuel et un travail manuel. Il s’agit donc de la nécessité de puiser au fond de soi pour identifier son pourquoi, son but, sa raison d’être, pour ensuite la matérialiser dan le monde réel.

A propos de Williams Brown

Un artiste complet

Williams Brown présentant son exposition – crédit photo : RezoIvoire

Williams Brown est professeur titulaire de céramique à l’Ecole Nationale des Beaux d’Abidjan. Il a a exposé ses œuvres à la galerie Koffi Célestin, à la galerie Aniss Production, au Musée des Civilisations, au Palais de la culture à Abidjan, en Chine et à Hambourg et en Allemagne.
Dans « Les têtes de Zapata » il utilise une technique ancienne dite de la poterie au colombin. Cette discipline demande une technicité redoutable et exige un effort soutenu, de la patience, de la concentration et de la persévérance.

Un mot pour l’artiste

Williams Brown a été mon professeur d’arts plastiques en classe de 4ème. Je me rappelle d’un homme exigeant sur la qualité du travail et qui avait à coeur de nous faire sortir de nos limites. En effet, pour lui l’art était le moyen de repousser les limites de notre créativité. Il nous imposait des thèmes généraux avec un minimum de structures puis il nous demandait de laisser libre cour à notre imagination. Je me rappelle aussi, d’un homme plein d’humour et d’une personne cultivée qui m’a notamment transmis mes premières notions de mosaïque. Merci pour cet apprentissage et heureuse d’avoir figurée parmi vos élèves. Isabelle Zongo, Présidente Fondatrice de Original Foundation.

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