Street Vendors, un appel au respect des droits des femmes

Du 18 avril au 30 mai 2019, la LouiSimone Guirandou Gallery accueillait l’exposition Street Vendors de la street artiste franco-anglais, Yseult Digan dite YZ. Retour sur cette exposition qui n’est autre qu’un appel au respect des droits des femmes.

Street Vendors pour le respect des droits des femmes

La rue comme plaidoyer

Il y a quelques mois, les Abidjanais découvraient des portraits de femmes ornées de bijoux et autres apparats sur les murs de la cité. Ils découvraient les  » Street Vendors » d’Yseult Digan dite YZ (à prononver « Eyes »). Les « Street Vendors » sont de jeunes femmes qui exercent la fonction de vendeuses ambulantes. On les croise au détour des carrefours ou boulevards ou entre les véhicules durant la circulation. Elles proposent des fruits, des sachets d’eau ou autres produits de pacotilles.

Street Vendors de Yseult

L’artiste se définissant comme une « artiste peintre qui fait un travail contextuel » s’approprie la cité. Son objectif mettre en avant des thématiques mêlant l’habitant, son habitat et son histoire. La rue devient un lieu d’expérimentation, un lieu de rencontre, un lieu de construction d’une identité individuelle et commune à la fois. C’est ainsi qu’aux détours de ses promenades dans les ruelles et quartiers populaires, elle rencontra ces femmes. A travers son travail, elle a établi, durant 3 mois, un dialogue profond entre la place qu’elles occupent au sein de la bruyante et dynamique capitale qu’est Abidjan. L’idée, faire ressortir la dignité de ces femmes battantes, courageuses, volontaires et déterminées. Celles qui se battent pour gagner leur pain quotidien, pour nourrir leurs enfants, leur offrir une éducation et s’occuper de leur foyer.

Ainsi, avec cette exposition YZ offre une fenêtre d’expression à ces femmes oubliées de la société car partie intégrante du décor.

Des oeuvres inspirantes

A travers le travail de YZ on comprend que la rue appartient à ces femmes. C’est ainsi qu’en partant de photos, elle a réalisé des portraits transcendants l’énergie de ces femmes. Elle les présente en véritables Amazones peintes à l’encre de chine sur du papier de soie et ornées de bijoux et autres apparats piochés ça et là dans la rue.

Street Vendors de Yseult

Ces oeuvres au delà d’être un plaidoyer sur le travail de ces femmes est une manière t’attirer l’attention des jeunes filles. Offrir des modèles positifs aux jeunes femmes est très important dans des environnements où elles restent peu ou pas assez valorisées. Ces femmes sont des moteurs de la société et plus largement du monde car elles prennent chaque jour des décisions qui influencent la vie de plusieurs personnes dans leur entourage.

Et pour associer l’engagement artistique à l’engagement social Yseult s’est rapprochée de l’association Empow’Her. Cette association œuvre en faveur du développement de l’entrepreneuriat féminin. L’objectif est de financer et déployer un programme de formation à destination de 20 jeunes filles. Prévu débuter en juillet 2019, ce programme sera l’occasion de leur délivrer des connaissances sur la gestion de leur activité commerciale.

De la rue à la galerie

Après avoir suscités la chronique à Abidjan, ces portraits que nous avons cherché et admiré dans les différentes communes de la capitales ont été réunis à la LouiSimone Guirandou Gallery.

Cette exposition nous a donné à revivre cette expérience unique de la rencontre avec ces femmes pas si ordinaires. Les portraits sont imposants et laissent entrevoir la technique de l’artiste. Réalisés sur et avec des matériaux de récupération, ils nous rappellent qu’ils sont été arrachés à la rue. Le plus étonnant est la force que dégage cette exposition. Elle nous transmet cette énergie positive qui ressort du regard de ces femmes fières et dignes. Une belle exposition.

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