Justin Oussou célèbre ses 30 ans de carrière en peinture

Pour célébrer ses 30 ans de carrière, Justin Oussou nous invite à une exposition rétrospective de sa contribution artistique au rayonnement de l’art en Côte d’Ivoire. L’exposition se déroule du 7 mars au 6 avril 2019 à la Rotonde des Arts.

30 ans d’engagement pictural

Une exposition retrospective de l’oeuvre de Justin Oussou

Justin Oussou décline pour ses 30 ans de carrière une série de peintures. Ces dernières mettant en exergue 3 périodes. En effet, si l’on s’en tient au propos présenté par le Pr. Yacouba Konaté dans le catalogue « Oussou Justin, 30 ans de peinture », son expression artistique est intrinsèquement liée à l’histoire du pays.

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Le « style kangourou »

La première se caractérise par le « style Kangourou ». Elle couvre la décennie 1990. Elle se manifeste, au niveau des arts plastiques, par l’émancipation de la jeune génération des recherches de peintres du vohou-vohou. Ce qu’il faut noter, c’est que dans le « style kangourou », la toile empoche des sculptures. Ainsi, l’artiste rapproche la peinture à la sculpture. Chez Justin Oussou le « style kangourou » se manifeste par une concentration au centre de la toile. Malheureusement, les événements historiques à savoir le coup d’état du 24 décembre 1999 ont mis fin à ces recherches artistiques.

La peinture comme témoin de l’histoire

La deuxième période pourrait se caractériser comme la « peinture d’histoire ». Elle part de 2000 à 2010/2011. En effet, durant cette période de remous politique, Justin Oussou ne peint pas les épisodes de la crise avec un détachement. Il reste en lien fort et clair avec la galaxie patriotique. Il concentre son travail sur la capacité de l’homme à être acteur dans le déchirement de la société.

L’environnement et l’écologie comme fond de réflexion

Mais à la fin de la crise post- électorale (2010-2011), le style du peintre se détache des sujets politiques pour se recentrer sur des enjeux plus éthiques. L’homme devient moins présent dans son oeuvre. L’artiste l’accuse cette fois ci non pas seulement de faire la guerre à son voisin mais surtout de mettre en souffrance l’environnement. La nature, les tempêtes naturelles sont mise en scène pour nous rappeler un temps soit peu l’impact de l’homme sur son environnement.

Parallèlement à ce travail, il réalise également des portraits d’icônes. Ces figures emblématiques de l’histoire sociale et culturelle ivoirienne et plus largement africaine. On pourra ainsi reconnaitre les portraits de Didier Drogba, Yaya Touré, Cheick Cissé et Tiken Jah Fakoly.

Une peinture engagée

En définitive, Justin Oussou se positionne comme un artiste engagé par sa peinture. En 30 ans de peinture, il a su se révéler au public comme un artiste impliqué dans des recherches sur la compréhension socioculturelle du pays. Très soucieux du respect de la philosophie du Sankofa, stipulant que pour aller de l’avant, il faut savoir regarder en arrière, il invite le public à s’interroger sur son identité. Ainsi cette exposition retrospective est une façon de nous interpeller sur le rôle que nous avons joué durant ces 30 années. A l’issue de cette introspection, nous devrions être en mesure de définir le rôle, en tant qu’humanité, que nous souhaitons jouer dans les décennies à venir, particulièrement sur le plan de l’environnement.

Cette exposition se déroule jusqu’au 6 avril 2019 à la Rotonde des Arts.

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