A Abidjan, Frédéric Bruly-Bouabré et Friedrich Schröder-Sonnenster consacré lors d’une exposition intitulée « Logique du monde extraordinaire »

Le Goethe-Institut Côte d’Ivoire organise une exposition sur deux personnages hors du commun. Il s’agit de Frédéric Bruly-Bouabré et Friedrich Schröder-Sonnenster. Ils seront réunis dès ce 2 novembre 2018 à 19h au Goethe Institut Côte d’Ivoire. Tous savoir sur cette exposition.

Logique du monde extraordinaire

C’est en 1989, au Centre Pompidou de Paris que l’artiste ivoirien Frédéric Bruly-Bouabré a été présenté pour la première fois en Europe. Son œuvre impressionnante a une seconde fois mise à jour dans le cadre de la Documenta 2002 à Kassel. En Allemagne, son frère spirituel, l’artiste russe d’origine lituanienne, Friedrich Schröder-Sonnenstern est, tout comme lui, resté plutôt un « marginal existentiel » du monde des arts. Ces deux hommes par leur art, nous offre un langage artistique unique. Une signature qui leur est propre et singulière. Entre les coups de crayons, les griffonnages et les textes, on remarque tantôt une similitude, tantôt une distance. L’on comprend ainsi que ces deux personnages hors du commun ont définitivement marqué leur époque. De la discrétion avec discernement vers le rayonnement de la pensée. C’est ainsi que nous pourrions résumer leurs œuvres.

L’exposition « Logique du monde extraordinaire » est donc une invitation à la découverte des mondes de ces deux artistes. La date du lancement officiel est le 2 novembre 2018 à 19h00 à l’Institut Goethe de Côte d’Ivoire. Le vernissage aura lieu le 30 novembre 2018 sur le même site.

A propos des artistes

Frédéric Bruly-Bouabré

crédit photo : @Andre Magnin

Dessinateur et poète, Frédéric Bruly Bouabré s’est fait également connaitre en tant qu’inventeur de l’alphabet bété (groupe ethnique de la Côte d’Ivoire). Il est l’un des artistes ivoiriens les plus connus sur le plan international.
Il serait né en 1923 et s’est éteint le 28 janvier 2014 laissant derrière lui des œuvres graphiques et « l’alphabet bété », qu’il avait inventé en 1956 pour diffuser la culture de son ethnie. Mais surtout pour défendre notamment les découvertes faites par les Noirs et réhabiliter l’image du continent africain. C’est à partir de 1989 qu’il va accéder à la reconnaissance internationale. En effet, dès cette année, les expositions vont s’enchaîner, de Berlin à Francfort en passant par Londres, Paris, Saou Paolo, Venise, Sydney, Dakar, Istanbul, Moscou… La liste est longue. Il participa a des expositions prestigieuses et est présent dans des collections privées majeures. On peut citer celles de Jean Pigozzi, André Magnin, François Pinault ou encore la Fondation Zinsou qui lui consacra d’ailleurs une salle lors de l’inauguration du Musée de Ouidah. L’une de ses dernières expositions s’est tenue à Abidjan en 2012 à la Galerie Cécile Fakhoury. Elle s’intitulait  » Aujourd’hui je travaille avec mon petit fils Aboudia. » Une façon de nous rappeler que son alphabet, son écriture ont pour vocation de se transmettre de génération en génération. Une façon de faire perdurer la mémoire de son inventeur. 

Friedrich Schröder-Sonnenstern

D’origine lituanienne, Friedrich Schröder-Sonnenstern (1892 – 1982) est né en Russie, dans la région de Sovetsk (anciennement Tilsit), près de la frontière allemande. Deuxième d’une famille de 13 enfants, il ne reçoit pratiquement aucune éducation de ses parents qui le délaissent. Dès l’âge de 14 ans, il est placé dans une maison de correction pour vagabondage, vol et voies de fait. Plusieurs autres internements suivront. Cependant, il parvient à terminer un apprentissage en métairie et à exercer ce métier. En 1918, à la suite du vol d’un cheval, il est déclaré irresponsable. Il est ainsi interné à la clinique de Sovetsk, d’où il sort moins de deux ans plus tard pour retourner vivre chez ses parents. Il s’enfuit ensuite pour Berlin, où il vivra sous le faux nom de Gustav Gnass. Avec la complicité de sa compagne, il gagne sa vie comme escroc. En effet, il pratiquera, entre autres, l’astrologie et le magnétisme curatif. Il est ensuite condamné à plusieurs reprises et interné dans un hôpital psychiatrique situé dans le district de Neustadt, en Allemagne. C’est là qu’il aurait commencé à dessiner.

Excluant une maladie mentale caractérisée, le rapport médical autorise sa sortie en 1934. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa survie aux campagnes d’extermination nazie des personnes mentalement déficientes reste un mystère. Reprenant le dessin à la fin des années 1940, il commence à vendre ses œuvres. C’est ainsi qu’il commence à se faire connaître, notamment dans le milieu surréaliste. Il cesse de dessiner après le décès de sa femme en 1964. Par la suite, il sombre dans la dépression et l’alcoolisme. Ses œuvres, jugées scandaleuses lors de leurs premières expositions, représentent des personnages composites. Il s’agit de sortes de monstres mi-humains mi-animaux, dans des postures souvent très sexualisées.