A Abidjan, des passionnés d’art réunis pour une soirée débat autour du film La Ruée vers l’Art

La Galerie Houkami Guyzagn a accueilli la soirée débat du mardi 28 août 2018 autour du film La Ruée vers l’Art. Initiée par l’artiste plasticienne Aya N’da, ces afterworks ont pour objectif de sensibiliser le public et les passionnés autour de sujets artistiques. Retour sur cette soirée modérée par Aya N’da et Jacobleu

Soirée débat autour des arts 

Un concept lancé par Aya N’da 

Les afterworks débats lancés par Aya N’da ont pour objectif de susciter l’échange sur des thématiques liées aux arts. L’idée est donc de proposer le visionnage de films sur des thématiques artistiques et d’ensuite d’inviter l’audience à un débat. Les deux premières éditions ont portée sur Bernard Buffet et sur Keith Haring. La troisième édition a été l’occasion de visionner le film « La ruée vers l’art » de Marianne Lamour, avec Danièle Granet et Catherine Lamour. Ces trois femmes ont mis trois ans pour s’immiscer dans ce monde clos qui fonctionne en circuit fermé, au bénéfice d’une centaine d’initiés. Cette session a été animée par Aya N’Da et Jacobleu.

 

A propos de la Soirée débat autour du film La Ruée vers l’Art 

Une soixantaine de personnes ont été réunies pour la circonstance. Le visionnage du film a permis d’aborder par la suite les questions relatives au Marché de l’Art. Et ainsi de proposer des pistes de solutions face à la problématique du retard de l’Afrique dans ce domaine. Il en est toutefois ressorti que le marché de l’art est un cadre de spéculation sur les créations artistiques. La constitution du système a été mis à jour. Il est articulé autour de 3 entités que sont l’œuvre, le marchand et le public. A l’œuvre on associe l’artiste, celui qui créé. Au marchand on associe toutes les entités qui commercialisent l’œuvre. Ce sont les agents, les galeries, les maisons de ventes aux enchères… Et au public, on associe les amateurs, les collectionneurs ou encore les mécènes.

Nous pouvons retenir que ce monde est un vaste réseau bien structuré, discret et opaque. Les principaux acteurs se connaissent et jouent plus sur leurs relations et le maintient de leurs auras que sur leur pouvoir d’achat pour acquérir des œuvres. On comprend ainsi que les arts et la culture se positionnent désormais comme de puissants vecteurs de pouvoir économique, d’influence et d’hégémonie culturelle parmi les grandes puissances.

Ce tableau nous permet ainsi de comprendre que ce Marché de l’Art exclu l’Afrique de la course. Par conséquent, les débats ont essentiellement portés sur la nécessité ou non d’intégrer ce cercle fermé. Et surtout de profiter du vent favorable qui souffle vers le continent Africain pour voir de plus en plus d’artistes intégrer ces sphères.

Des propositions pour une transformation structurelle et structurante du secteur

En conséquence, il a été énuméré des axes d’actions. Ces axes d’actions concernent les différents acteurs tant au niveau local qu’international.

On pourra dire que pour transformer de façon structurante le marché, il faut une volonté étatique forte. Cette volonté pourra se matérialiser par des actions fortes comme: 

  • susciter des investissements dans les structures et infrastructures de promotion des Arts et culture;
  • encourager les collections publiques et privées
  • sensibiliser l’État à investir dans les arts et à soutenir les artistes plasticiens;
  • mettre en place des expositions, salons, foires d’art et des événements artistiques réunissant des décideurs;

Au niveau des acteurs du secteur des arts, il est également impératif que des engagements soient pris pour :

  • intéresser les grands marchands, galeristes et mécènes à la création contemporaine locale;
  • impliquer les magazines économiques ou culturels, les critiques d’art et les journalistes culturels dans la mise en lumières des créations artistiques;
  • promouvoir notre art et valoriser notre richesse culturelle et ainsi créer des identités artistiques;
  • s’ouvrir au monde et aller au contact de ce qui se fait de mieux ailleurs;

En conclusion, ces différentes propositions sont le fruit de réflexions et mériteraient d’être approfondies. Il faut également noter que les changements ne pourront se voir matérialiser que par l’implication des acteurs eux mêmes.