Entre « Vents et marées » redécouvrez Michèle Tadjo

Le mercredi 12 septembre 2018 à 18h, la Rotonde des Arts vous invite au vernissage de l’exposition hommage à Michèle Tadjo. Intitulée « Vents et marées », cette exposition sera l’occasion de faire une rétrospective sur l’œuvre de l’artiste décédée en 1998. Ainsi, 20 ans plus tard, les visiteurs sont invités dans l’univers d’une femme pionnière dans le domaine des arts en Côte d’Ivoire.

« Vents et marées », un hommage à Michèle Tadjo

Michèle Tadjo : ses sculptures comme témoignage

L’artiste était très intéressée par le travail sur le corps humain. En effet, elle cherchait à explorer les rouages mystérieux de notre corps à partir de radiographies grattées, découpées ou superposées. Au fil des années, elle découvrit sa propre quête de sens. Elle était effectivement obsédée par le drame de la vie et par l’écart insurmontable entre les aspirations spirituelles et leurs possibilités de réalisation. C’est-à-dire entre la vie organique et celle de l’esprit. Ainsi, ses sculptures réalisées en tôles plus ou moins épaisses étaient soudées ou rivetées. L’inox et le cuivre s’y ajoutaient parfois pour renforcer la texture. Elle jouait avec l’équilibre des formes, trouvait de la beauté dans les rejets. À son obsession de la vie correspondait celle du temps.

Quand elle arriva à Abidjan, tout devint différent pour elle. Nouvelle trajectoire, nouveaux défis. Elle chercha sa place au sein d’une société encore divisée par le lourd passé colonial. Heureusement, elle goûta aussi à la période de grande euphorie qui précéda l’indépendance. La période post indépendance fut donc pour elle à la fois pleine de défis et d’opportunités en tant que pionnière. En intégrant le cercle des artistes en Côte d’Ivoire, elle put évoluer sur la scène artistique. Ses principales expositions eurent lieu à Abidjan où elle était connue des galeries de la place, et où elle participait aux manifestations culturelles.

A propos de Michèle Tadjo

Michèle Tadjo est née dans un petit village de la Côte d’or en France, le 12 février 1932. Elle a fait ses études secondaires à Dole dans le Jura. Ses parents, négociants en vin possèdent de gros camions parcourant la région bourguignonne pour livrer les clients. Elle étudie la sculpture dans l’atelier de Maître Yencesse avant de continuer à l’École des Arts Appliqués à l’Industrie de Paris.

Elle se marie en 1952, à Joseph Tadjo Ehoué, jeune étudiant ivoirien, originaire de Maféré (région d’Aboisso) avec qui elle a deux enfants. Quatre ans plus tard, c’est le grand départ pour la Côte d’Ivoire. Elle entre aux Beaux-Arts d’Abidjan où elle suit des cours et prépare en même temps le certificat d’aptitude à la formation artistique supérieure et le diplôme français de peinture. Elle exécute des dessins scientifiques pour les laboratoires de botanique de l’université de Côte d’Ivoire. Par la suite, elle enseigne dans les lycées et collèges d’Abidjan, puis en atelier de peinture.

À partir de 1973, elle se consacre entièrement à son art. Ses principales formes d’expression sont en premier lieu la peinture, d’abord à l’huile, puis à l’acrylique. Elle évolue vers la peinture-sculpture et devient sculpteur à part entière en 1987 jusqu’à sa disparition à Abidjan en 1998.

Ces propos ont été recueillis auprès de Véronique Tadjo, sa fille, écrivaine qui anime notamment des ateliers d’écriture et d’illustration de livres pour les enfants dans plusieurs pays.

Nous vous donnons donc rendez-vous ce mercredi 12 septembre 2018 à 18h à La Rotonde des Arts au Plateau.