Les routes de l’esclavage : la tragédie des traites négrières retracées pour la première fois dans un documentaire

 

Depuis le 1er mai 2018, les chaînes Arte et France Ô diffusent  « Les routes de l’esclavage », une série remarquable de quatre (4) documentaires qui retrace la tragédie des traites négrières du VIIe au XIXe siècles réalisé par Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant et disponible en ligne du 29 avril au 29 juin 2018 sur Arte.Tv .

Les routes de l’esclavage

Les routes de l’esclavage

Pour la première fois, la tragédie des traites négrières est retracée à travers un documentaire intitulé  » Les routes de l’esclavage » réalisé par Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant. Actuellement diffusé sur la chaine Arte, ce documentaire est également  disponible en ligne du 29 avril au 29 juin 2018 sur Arte.Tv. Ce documentaire nous montre ainsi comment la déportation de quelque 20 millions d’Africains a profondément marqué les sociétés africaines, européennes et américaines.

 

476 – 1375 : au delà du désert 

De la chute de Rome en 476 à la fin du XIVe siècle.
Synopsis : Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – « esclave » viendrait du mot « slave ». Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Au rythme de ses conquêtes se tisse, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, un immense réseau de traite d’esclaves, dont la demande ne cesse de croître et qui converge vers Bagdad, nouveau centre du monde. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, qui s’achève dans un bain de sang, le trafic se redéploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes. Au fil des siècles, les populations subsahariennes deviennent la principale « matière première » de ce trafic criminel.
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1375 – 1620 : pour tout l’or du monde 

À l’issue des croisades, l’Europe à son tour se tourne vers l’Afrique, source d’immenses richesses…
Synopsis : À l’issue des croisades, l’Europe à son tour se tourne vers l’Afrique, source d’immenses richesses. Contournant les musulmans en Méditerranée, les navigateurs portugais, qui convoitent l’or du continent, entreprennent en pionniers de le conquérir, et reviennent avec des milliers d’esclaves, issus notamment du royaume Kongo, pour les vendre en Europe du Sud, avec la bénédiction de l’Église. Sur l’île de São Tomé, sorte de « laboratoire » de l’esclavage situé au large du Gabon, ils passent du négoce de captifs à la production d’esclaves au service d’une plantation sucrière à la rentabilité inégalée, et mettent en place la première société esclavagiste. À partir de 1516, la découverte du Brésil ouvre de nouvelles routes de traite, inaugurant le commerce triangulaire entre les continents – or, esclaves, sucre. Bientôt apparaissent les premières communautés armées de fugitifs, les mocambos.
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1620 – 1788 : du sucre à la révolte 

De la guerre du sucre aux premières voix qui s’élèvent contre la barbarie de la traite.
Synopsis : Imitant le modèle portugais, Espagne, Hollande, France et Angleterre, en quête de colossaux profits, se disputent les Caraïbes pour y cultiver la canne. L’Atlantique devient le champ de bataille de la guerre du sucre, laquelle va multiplier les routes de l’esclavage à grand renfort d’investissements, avec la complicité des banques et des compagnies d’assurances. Alors que les méthodes s’industrialisent et que la terreur s’intensifie – razzias, tortures et décapitations publiques pour prévenir toute rébellion –, près de 7 millions d’Africains sont entraînés dans la tourmente, vendus par des marchands locaux à des flibustiers et armateurs négriers, tandis que s’élèvent en Europe les premières voix contre la barbarie de la traite, socle du capitalisme émergent.
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1789 – 1888 : les nouvelles frontières de l’esclavage 

Le dernier volet débute en 1789. À Londres, Paris et Washington, le courant abolitionniste gagne du terrain…
Synopsis : À Londres, Paris et Washington, le courant abolitionniste gagne du terrain. Après la révolte des esclaves de Saint-Domingue, la Grande-Bretagne abolit la traite transatlantique en 1807. Mais l’Europe, en pleine révolution industrielle, ne peut se passer de la force de travail des esclaves. Pour satisfaire son besoin de matières premières, elle repousse les frontières de l’esclavage, fermant les yeux sur les nouvelles formes d’exploitation de l’homme au Brésil et aux États-Unis. En Afrique, l’Europe se lance dans de nouvelles conquêtes coloniales. À l’heure où la traite légale est enfin interdite, la déportation des captifs africains va exploser, plus importante que jamais. En cinquante ans, près de 2,5 millions de personnes sont déportées.
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Les routes de l’esclavage

 

La série  » Les routes de l’esclavage « , réalisée par Daniel Cattier, Juan Célas et Fanny Glissant, est le fruit d’un travail qui a duré cinq ans et qui a mobilisé une équipe d’une centaine de personnes, dont 40 historiens originaires des Amériques, d’Afrique, des Caraïbes et d’Europe. Elle concerne dix pays (et huit lieux de tournages) des deux côtés de l’Atlantique. Pour réaliser ce documentaire,  les auteurs et leurs équipes ont épluché 80.000 pages d’archives.