#RIANA2018 – Des œuvres impressionnantes qui montrent que le numérique est le lieu de tout les possibles

Ce jeudi 8 février 2018 à 19h à l’Institut Français de Côte d’Ivoire a débuté la Cérémonie d’ouverture de la deuxième édition des Rencontres Internationales des Arts Numériques d’Abidjan #RIANA2018 et le vernissage des œuvres. Découvrons les artistes présentés.

#RIANA2018 – Rencontres Internationales des Arts Numériques d’Abidjan – du 8 au 10 février 2018 à IFCI

Des artistes pluridisciplinaires

Pour cette deuxième édition des Rencontres Internationales des Arts Numériques d’Abidjan, huit (8) entités, en provenance de la France, des Etats Unis, du Burkina Faso, du Togo et de la Côte d’Ivoire ont été présentées au public.

Évoluant toutes dans des univers artistiques différents, elles ont été réunies par le numérique pour nous montrer que les arts numériques sont le trait d’union entre les talents, les concepts, les langages et les expressions.

Des installations sonores, des représentations visuelles, des performances physiques et visuelles… c’est ce qu’il vous attend durant ces jours à venir.

 

Des oeuvres étonnantes

Phonofoluim de Scenocosme (France)

Phonofolium est une oeuvre interactive qui permet de tisser une relation entre des éléments complexes et étonnants. En effet, Scenocosme est un couple d’artiste Gregory Lasserre et Anaïs met den Ancxt qui s’inspirent de l’écologie et de la technologie numérique pour mettre en scène des éléments naturels tels que l’eau, une roche, la terre, une plante en vue de redonner une relation au corps de l’oeuvre et de créer un rapport, un lien entre l’humanoïde et l’élément naturel, ici la plante. 

Ainsi, par un système numérique, il réussisse à connecter la plante à l’énergie et aux pulsations humaines de telle sorte que cette dernière produise un son selon le type et le degré de rapport que l’on aura avec elle. Ainsi, la plante nous renvoi à nos émotions. Lorsque nous l’a touchons, elle réagit et sa réaction nous fait réagir. Nous tentons ainsi d’entrer en communion avec cette dernière et à tisser une relation avec elle. L’oeuvre nous invite à la participation. C’est une plante qui parle. C’est une oeuvre intimiste qui suscite une réaction avec le monde qui l’entoure. 

 

Perfomance audiovisuelle sur l’esprit de Jelly Sarah (Côte d’Ivoire)

Jelly Sarah nous a fait intégrer son univers artistique à travers l’exploitation d’un outil numérique qui a envahit notre quotidien : le smartphone.

Elle utilise son téléphone pour s’exprimer. Il devient donc un simple outil relégué à sa fonction primaire loin des thématiques de la selfie.

Dans sa performance, elle nous montre les tribulations d’un esprit dans la nature et ainsi invite les jeunes à comprendre le bien fonder des objets qu’ils utilisent. Un smartphone ne sert pas uniquement à faire des selfies ou à se créer une vie sur les réseaux sociaux. Un smartphone, selon Jelly Sarah, est un outil tout comme les réseaux sociaux à notre disposition. Elle invite donc les jeunes à faire preuve d’imagination et à utiliser les outils à bon escient pour s’exprimer, à rester maître du message et à ne pas laisser l’outil transformer le message et l’individu. 
(Côte d’Ivoire)

Les masques encodés / décodés de Coulibaly Kodana (Côte d’Ivoire)

Coulibaly Kodana, ingénieur aéronautique de formation et analyste de données, exploite un code numérique en particulier le mouvement Brownien pour encoder / décoder des masques africains, en particulier Senoufo. 

Une démarche artistique très scientifique mais loin d’être mathématiquement figée. En effet, l’artiste utilise un code open source gratuit et spécialement développé pour les artistes qui est un dérivé du Code Java pour réaliser ses oeuvres. Il s’agit de Processing créé au début des années 2000. L’artiste a choisi d’utiliser ce code pour dessiner les masques à travers un mouvement brownien. La particularité de ce mouvement est qu’il est aléatoire. Par conséquent, il ne peut jamais tracer un même et unique chemin pour réaliser le masque. Ainsi, nous n’avons jamais le même résultat. C’est comme une sculpture. Le geste change souvent même si la technique réside. Cela permet ainsi d’avoir une résultat unique car comme dit Coulibaly Kodana : « On aime trop contrôler » sous entendu, les choses.

Nous nous trouvons donc dans un univers infini de créativité où l’artiste exploite un langage moderne : celui du codage. Un langage qui parle aux générations actuelles et futures, un langage qui parle à la jeunesse. Ainsi, il souhaite donner une dimension numerique à nos masques en invitant nos traditions à s’adapter à l’ère du temps pour ne pas disparaitre. Nos modes de transmissions de nos cultures doivent évoluer et s’adapter à notre environnement si nous souhaitons que les jeunes s’intéressent plus à l’art et la culture.  

La fusion entre l’art plastique et l’art numérique avec

Adjaratou Ouedraogo (Burkina Faso)

Adjaratou Ouedraogo est une artiste peintre et sculpteur dont les oeuvres traduisent l’émotion des liens affectifs dans la culture africaine tel que la relation entre la mère et l’enfant. Son lien avec le numérique est apparu lors de sa participation à la formation en cinéma d’animation à l’Association Burkinabé de Cinéma d’Animation à Ouagadougou (Burkina Fason). Cette formation lui a permis de porter un autre regard sur son expression artistique.

C’est ainsi qu’elle a décidé de donner vie à son art en réalisant des films d’animations mêlant l’art plastique et l’art numérique. Un travail minutieux qui mélange différents médiums : la peinture, la photographie, le numérique, le son, l’écriture… Une démarche artistique récompensée le samedi 11 juin 2016 au Nigeria à travers le prix « Best Animation » au Africa Movie Academy Awards (AMAA) 2016.

On comprend donc que exploiter le numérique a permis à Adjaratou Ouedraogo de raconter les histoires de ses oeuvres, car derrière un tableau se cache souvent un message. L’artiste, à travers le numérique, donne vie et sens à différentes oeuvres.

 

 

Kamayakoi, la musique comme matière première ( France / Côte d’Ivoire)

Kamakoi n’est plus a présenté à Abidjan. En effet, Kamayakoi est un collectif de passionnés de musique éléctro-numérique fusionnée à des sonorités traditionnelles africaines.

Son nom est composé de Kama qui est l’origine ancienne du mot Afrique et « Yakoi ? » cette expression contemporaine ivoirienne qui exprime, ici, la volonté de faire communier les racines de la musique avec toute sa richesse contemporaine.
Kamayakoi réuni des artistes de diverses origines qui vous racontent une histoire à travers des escales secrètes aux quatre coins du globe. De Abidjan à Ouagadougou, de Addis-Abeba à Kinshasa c’est un voyage à travers leur musique électronique, inspirée des sonorités traditionnelles africaines.

Le collectif est composé de:

  • Jérôme Fouqueray (Praktika), producteur et DJ français installé à Abidjan depuis peu, pour travailler le mélange entre musique africaine et musique électronique. Il est notamment membre de l’organisation du Festival burkinabé de musique électronique intitulé Africa Bass Culture;
  • Clément Mitchels (Mydriase) qui s’est installé à Abidjan récemment pour travailler chez la major SONY MUSIC Côte d’Ivoire. Producteur musical et professionnel de la musique électronique, sa vie est centrée autour de son développement;
  • Isabelle Guipro (Chabela), DJ passionnée de musique électronique fusionnée aux sonorités traditionnelles est l’une des premières a avoir fait de la promotion de la musique électronique une nécessité. En effet, elle est co fondatrice de « Electropique« , la plateforme underground de « Musique électronique sous les tropiques ».

KAMAYAKOI organise un concert découverte dans le cadre du #RIANA2018 qui se tiendra ce vendredi 9 février 2018 à 20h00 à l’Espace Champion de Blokhauss. 

La création du lien spirituel et culturel à travers le numérique avec Claudin Ekenah connu sous le nom de « A DandyPunk » (USA / France)

Claudin Ekenah connu sous le nom de « A DandyPunk » est un spécialiste du story telling. En effet, il nous raconte une histoire à travers une performance qui embrasse tous les médiums.

Une prestation très physique qui met en exergue ses talents d’acrobate puisqu’il a été formé au célèbre Cirque Soleil et qui nous invite à une démarche artistique autour du corps humain. Ce corps physique qui intègre la dimension culturelle mais surtout spirituelle afin de montrer qu’il n’a pas de frontière dans l’expression artistique. L’homme peut se fondre dans le dessin, dans l’image, dans le son, dans la lumière à travers le mapping, cette projection animée qui sert de décor. On se demande donc à un moment donné qui est l’acteur de l’histoire. Le mapping ou l’homme ? L’expression numérique ou l’homme ?

On nous invite à être « Out of the box » comme dirait Claudin Ekenah mais pas dans le sens de sortir de notre zone de confort. Ici, comme il dit:  « On ne sort pas de la zone, ce qu’il faut percevoir, c’est que rien n’est indépendant, tout est mélange et accumulation d’experiences à travers la vision de l’image, du geste et la compréhension de l’histoire que l’on se fait de part notre imaginaire individuel et collectif ». 

Nous devons donc comprendre que cette oeuvre est l’expression de la communion entre la technologie et l’homme dans la simplicité de la mise en oeuvre. Et ce qui compte c’est de comprendre que le tout est compatible.

La peinture numérique avec Grah Poll (Côte d’Ivoire)

Grah Poll, artiste plasticien ivoirien formé à l’Ecole des beaus-arts d’Abidjan et à l’Ecole Nationale de Limoges-Aubusson est également professeur d’éducation artistique en France. ll est particulièrement connu pour ses peintures en relief et pour l’usage de la nouvelle tapisserie. Mais depuis quelques années, il a opéré un virage en exploitant l’outil numérique et la peinture. C’est ainsi qu’il s’illustre dans la peinture numérisées. Il a d’ailleurs déjà été présenté au public ivoirien lors de son exposition « Cent pour Cent Dadié » qui s’est tenue du 14 juillet au 4 août 2016 à La Galerie LeBasquiat et célébrant le centenaire de Bernard Dadié, patriarche et égérie de la littérature ivoirienne.

Ses oeuvres seront présentées à travers des présentations audiovisuelles durant les journées du vendredi et samedi à l’Institut Français de Côte d’Ivoire. 

Pour avoir un retour sur l’exposition « Cent pour Cent Dadié », cliquez ICI;

La photographie numérique ou comment repousser les arts visuels avec Cham (Togo)

Cham, de son vrai nom Eric Wonanu, est diplômé de l’Ecole des beaux arts de Paris. Il fait parti de ces artistes africains qui ont su apporter de l’innovation aux techniques artistiques en exploitant le numérique pour ouvrir le champ des possibles. En effet, il unit l’art plastique et la photographie, que l’on pourrait malgré tout catégoriser de numérique à l’ère actuelle, pour créer un univers artistique qui lui est propre. Pour lui, les nouvelles technologies tiennent une place importante dans les nouveaux « laboratoires » d’arts visuels. Et par « laboratoire », il entend expérimentations nouvelles. On comprend donc que son travail a pour souci de réinventer sans cesse l’art en repoussant constamment les limites du possible.

Ses oeuvres seront présentées à travers des présentations audiovisuelles durant les journées du vendredi et samedi à l’Institut Français de Côte d’Ivoire. 

 

Maintenant que vous savez tout sur les artistes, je vous invite à vous rendre à l’Institut Français pour vivre l’expérience numérique associée. Ces oeuvres se vivent, se sentent, s’expérimentent. Laissez-vous tenter !

 

Programme : 

  • vendredi 9 février 2018:
    • de 9h à 17h :  Rencontres professionnelles et ateliers à l’IFCI
    • 20hà 22h : Concert-Performance collaborative entre musique traditionnelle, musique électro et DJ set avec le Groupe KAMAYAKOI au Champion de Blokhauss
  • Samedi 10 février 2018 de 9h à 13h : Rencontres professionnelles et ateliers à l’IFCI

 

 

 

 

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