Que reste-t-il de nos amours ? de Vincent Michea à la Galerie Cecile Fakhoury Abidjan

Que reste-t-il de nos amours ? est une exposition de Vincent Michéa qui se déroule jusqu’au 10 février 2018 à la Galerie Cecile Fakhoury. L’artiste nous invite à considérer à ses nouveaux mondes, mais également à observer les nôtres de plus près. Une exposition qui nous invite à une introspection personnelle sur fond d’expressions artistiques et philosophiques.

Que reste – t- il de nos amours ? de Vincent Michéa à la Galerie Cécile Fakhoury

Que reste-t-il de nos amours?

Un travail de mémoire

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d' avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse 

Refrain de Que reste-t-il de nos amours, chanson de Charles Trenet écrite en 1942

 

La découverte du titre de l’exposition a en premier lieu éveillé notre conscience collective avec la fameuse chanson de Charles Trenet ou encore dans le recueil Roland Barthes pour Roland Barthes où l’auteur nous délivre des moments de vie familiale et personnelle. Un titre évocateur de la relation que chaque individu tisse avec la Mémoire, tant individuelle que collective. Ce titre présuppose que nous devons revoir notre approche pour raconter le passé et le présent. Et Vincent Michéa nous suggère cela à travers son travail de photo-collage et de peintures. L’artiste nous invite à renouer avec les différentes époques, les différents lieux en les démembrant, les découpant, les cisaillant et en brisant les frontières du temps et de l’espace.

Que reste – t- il de nos amours ? de Vincent Michéa à la Galerie Cécile Fakhoury

Un travail d’introspection

Les travaux de Vincent Michéa se caractérise par leur connexion les uns avec les autres. En effet, ils se succèdent, se superposent, se répondent ou se démultiplient. Ils nous racontent une histoire parfois autobiographique, parfois personnelle, parfois universelle mais finalement liée à notre intelligence émotionnelle. Le titre évocateur, nous rappelle tous que nous avons été construits et que nous continuons à être construit par nos amours passés et présents. Nos amours, amour paternel, amour maternel, amour fraternel, amour charnel… Ces amours, ces choses, ces objets, ces personnes pour lesquels nous avons éprouvés tantôt de l’amour, tantôt de la haine, nous transforment. On ne guérit jamais vraiment d’un amour perdu, on apprend à vivre avec, à se construire entre douleur et plaisir de penser pour devenir ce que l’on est et accepter que notre inachèvement est notre plus grande richesse. Il s’agit donc de laisser agir en nous tout le reste qui nous meut, nous émeut, alors même qu’il nous échappe à jamais.

La série Fatou Pompidou illustre bien cette notion. Que sont nos amours? Que reste-t-il de nos amours? De ces beaux jours? Il reste de vieilles photos, témoignages figés d’une époque, témoignages vibrants auxquels Vincent Michéa redonne une nouvelle dimension en créant ce mouvement par le collage et les lignes de couleur. Ces pensées, souvenirs qui permettent de construire le présent.

Les Gypsy Queens, quant à elles, nous invite à nous perdre dans nos rêveries. Ces trois femmes imposantes dansent dans la salle et imposent un rythme dans l’espace. Lorsque l’on observe de loin, on imagine des clichés photographiques et au fur et à mesure que l’on se rapproche, les images se désintègrent. La photographie disparait comme un lointain souvenir dans notre esprit, où nous devons nous raccrocher à des petits morceaux ça et là pour le reconstruire et reconstruire un vide.

Que reste – t- il de nos amours ? de Vincent Michéa à la Galerie Cécile Fakhoury

 

Un message d’espoir

En conclusion, l’exposition Que reste-t-il de nos amours? de Vincent Michéa est une note d’espoir. Elle nous indique que face à nos amours, nous devons rester vulnérable, rester exposé à l’expérience de l’inconscient. Il est important d’arrêter de sur-analyser ces amours car ils sont difficiles à identifier à un savoir ou à une science. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, il y a des choses qui se vivent une fois et qui doivent se vivre pleinement car le temps passe, les gens évoluent, les espaces se transforment et nous demeurons dans les souvenirs passés et présents.

 

A lire :